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Le pervers narcissique: écraser pour exister

Exister aux dépends de l'autre, réduire à néant, jouir de pouvoir projeter sa propre souffrance sur autrui... La relation perverse est un piège dont on ne sort pas de sitôt. Complétement brisés, c'est comme ça que je reçois certains consultants qui ne peuvent laisser derrière eux l'intense violence psychologique d'un manipulateur pervers ou, nous y pensons moins, d'une, car ce trouble de la personnalité n'est pas que l'apanage du masculin.


Il existe mille types de violences, elle est ici psychologique. Répétée. On finit par y sombrer et y disparaître. Elle s'installe souvent au cœur d'une relation intime, c'est là où elle est fait le plus de dégâts. La victime peut finir en miettes, totalement perdue, et même culpabilisée.


Petite reconstitution:


Il s'agit d'abord de remarques presque anodines, qui peuvent même passer en société... de critiques "voilées" qui amènent l'autre à changer. Puis subrepticement c'est une pression de plus en plus constante, et des jugements de plus en plus dur. Le piège s'étend avec précaution et pragmatisme. Le manipulateur s'assure une dépendance affective, se met en avant, démontre subtilement sa supériorité écrasante, rabaisse la personne tout en faisant mine d'être ouvert, sensible, juste. C'est déjà étouffant, pourtant c'est juste l'étape de l'observation. Si la proie se montre docile, le bourreau sent qu'il a une possibilité : il va refermer la machoîre. Oui, j'utilise un champ lexical bestial: Le manipulateur est un primitif qui répand la terreur sur une personne en situation de faiblesse. C'est un profiteur qui utilise tout ce qu'il peut pour prendre le pouvoir.


Et puis, il y a de nombreux degrés dans un tel comportement, qui peut mener à de vrais drames de vie.


Très vite, il ou elle la tient: A sa disposition. A ses ordres. Dans sa vision unique du monde. C'est une forme d'esclavagisme ou l'autre est nié, rendu au rang de serviteur ou pire d'objet. C'est la soumission. En séance, je vois beaucoup de personnes qui sont engagées dans une telle relation. Lorsque je leur demande ce qu'elles aiment, elles répondent souvent "je ne sais plus". Et si je questionne sur ce qu'elles voudraient faire demain, même réponse. Tout est dicté par l'autre, qui prend toute la place.


Très vite la victime ne peut plus rien faire: Plus vraiment de loisirs, plus de sorties, plus de choix, plus d'amis. C'est l'étape de l'isolement, ou toute l'activité est recentrée entre 4 murs. Mine de rien cela ressemble bien à une prison, pas du tout dorée. Parce que cet isolement s'accompagne de beaucoup de culpabilité, la personne va également renoncer à trouver du soutien à l'extérieur, auprès de ses proches ou de ses amis... parce que la honte, parce que l'isolement progressif, parce que certains amis sont sous le charme du manipulateur ! C'est un cercle vicieux et il est trop tard.


Mais comme les choses sont arrivées lentement, très lentement, la victime se pose des questions. Elle doute: -"Et si tout cela venait de moi ?" -"Et si je le méritais ?"-"Et si j'étais vraiment horrible avec les autres?" Pour elle, c'est l'étape du déni de la situation et du dénigrement de soi.



Et en général elle n'arrive pas à y croire. La question qui revient le plus, c'est "Comment est ce possible de s'être trompé à ce point" ? Mais quelque part elle est encore persuadée que sans son bourreau, elle ne s'en sortirait pas. Que l'amour est cruel, mais que c'est quand même de l'amour. La victime est ambivalente, elle souffre trop, elle aime, sans repère.


Puis un jour, vient le temps où cela va trop loin, c'est trop évident: la personne qu'on aimait est véritablement dangereuse, c'est une certitude. il faut couper la relation, s'enfuir, se cacher, oublier. Il faut survivre. Mais là aussi il y a un obstacle de poids: La Peur, La paralysie. A cette étape, la personne ressent profondément le danger, et choisit ses phrases et ses actions avec beaucoup de soin, pour ne pas affronter la menace constamment.



Alors, mais où est l'issue ?

C'est la dernière étape, la fuite. J'ai vu beaucoup de personnes arriver à en sortir. C'est toujours difficile: ça se pense, ça se prépare, et ça arrive. Mais il faut souvent du soutien pour parvenir à quitter sa vie interrompue, changer de perspective, retrouver ses esprits et sa force intérieure.


Il faut un plan de guerrier pour se libérer d'une telle situation:

-Il faut déjà se convaincre qu'on ne mérite pas une telle violence.

-Comprendre que la personne ne tourne pas rond, que le problème vient d'elle et que c'est maladif et dangereux.

-Rétablir la confiance de ses proches, les avertir de la situation et s'y appuyer, malgré la honte. C'est capital.

-S'entourer encore, de professionnels cette fois. Chercher à retrouver des forces pour entamer le changement: C'est là que l'énergie et un suivi psychologique peuvent avoir un puissant rôle de soutien.

-Enfin mettre en place des mesures directes pour se défaire de la personne: se préparer à sortir de la situation, s'enfuir soudainement sans rien laisser derrière, faire intervenir les gendarmes si c'est nécessaire, ou encore faire savoir que tout le monde est au courant de la situation, même les proches de la personne manipulatrice, et que c'est clairement terminé.

-Et encore: prendre le taureau par les cornes, sortir les gants, se montrer plus fort, tenir bon dans ses positions, être clair, se réaffirmer, jusqu'à ce que l'ennemi n'ai plus aucune prise. Et dès que c'est possible, trancher nette la relation.

-Et enfin; et non des moindres: Ne jamais douter et revenir en arrière.


Dans cette phase de rébellion, le pervers narcissique peut devenir violent ou menaçant... mais il ne le sera jamais s'il est éxposé à la lumière, si ses proches savent, si la victime jete l'opprobre sur lui ouvertement. Il va s'en défendre, il va sauver les apparences, il va maudire la personne... mais il va surtout prendre ses distances !


Et là, la victime traverse enfin l'épreuve. A présent, il faut panser les blessures, revenir à la vie, la vraie. Retrouver un équilibre, le contact des amis, retrouver la confiance. C'est un long chemin, mais là aussi, ça arrive. Les soins énergétiques, la méditation et certains outils comme la Résonance Sonolistique que j'utilise peuvent permettre une désensibilisation traumatique autant qu'une récupération des ressources.


En écrivant ces lignes, je pense au nombre incroyable de personnes que j'ai pu recevoir en consultation pour cette raison précise. Une pensée énergétique à tous ceux et celles qui subissent les violences quotidiennes de la haine silencieuse, et à ceux et celles qui ont réussi à y survivre... et à renaître.


Sylvain Mira


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